Communication le mercredi 19 avril 2023 au CICDS 2023 – “Construction(s) et réception(s) de la science aujourd’hui” (CY Paris CERGY UNIVERSITÉ).
Site de la conférence : https://sgkm2024.unine.ch/?page_id=2&lang=fr
“Le journalisme, les médias et la communication font face à des défis majeurs : crises politiques, sociétales, écologiques, internationales ou économiques, émergence de technologies disruptives ou encore multiplication des plateformes de diffusion chamboulent leurs conditions d’exercice. Le champ de la communication et des médias s’adapte et accompagne ces changements majeurs tout en les visibilisant. Comment les chercheuses, chercheurs, praticiennes et praticiens s’interrogent ensemble sur ces bouleversements, mais aussi sur les réponses qu’y apportent les actrices et acteurs de la communication et des médias, et sur les nouveaux modèles qui se dessinent? Quels sont les types de résilience déployés par les praticien-ne-s et les chercheuses et chercheurs en communication et en médias dans le contexte actuel ? Et quelles sont les solutions durables qu’elles et ils imaginent dans leur domaine respectif ?” | SSCM 2024
Intitulé de la communication :
The implications of radiodigitalization for scientific information treatment
Dire que le journalisme et ses pratiques professionnelles, qui font partie de l’industrie culturelle et éditoriale, ont été bouleversées par l’avènement du numérique (Saemmer, 2017), est devenu une évidence observable et déjà bien documentée (e.g. Antheaume, 2016). Derrière cette affirmation, il demeure toutefois des terrains et des contextes à analyser. Cette contribution voudrait s’intéresser plus spécifiquement à la transformation du traitement et de la diffusion de l’information scientifique par la radio qui a évolué vers la radionumérie, définie par Séverine Equoy-Hutin comme l’ensemble des « […] productions sonores codées en numérique disponibles sur internet ainsi que les contenus enrichis qui accompagnent le sonore » (2022 : 162). Elle désigne la métamorphose de la radio en un média non plus seulement oral et instantané, mais désormais écrit, imagé, hypertextualisé et durable, délinéarisé. La diffusion d’informations s’en trouve dès lors modifiée pour les stations. Considérant que les instances médiatiques sont des acteurs prépondérants de la communication scientifique, et qu’ils représentent une source importance d’information en contexte de crise de santé publique (Fleerackers et al., 2022), leurs choix éditoriaux s’avèrent déterminants pour la construction et la diffusion d’informations fiables et durables en contexte incertain.
Ces dispositifs numériques à même de renouveler les pratiques informationnelles des citoyens conduit à s’interroger sur leur efficience dans un contexte épistémologique et social régi par l’incertain (eg. Beck, 2008[1986]s ; Prigogine et Stengers, 1996). En quoi la radionumérie, via l’archivage et l’enrichissement (para)textuel du média sonore, engage-t- elle une manière particulière de traiter l’information scientifique et ses incertitudes ? Les radios nationales françaises investissent-elles toutes de manière similaire ce dispositif numérique ? Enfin, que cela induit-il dans le traitement de l’incertitude relative aux nouvelles scientifiques ?
En réponse à l’axe « informer et communiquer face aux nombreux défis actuels », cette communication présente une analyse socio-discursive des stratégies éditoriales du média radiophonique français contemporain. Elle se fonde sur l’étude d’un corpus sonore et textuel d’émissions d’information scientifique diffusées entre 2010 et 2023 par les stations nationales généralistes publiques (Radio France) et privées (BFM, RTL, RMC, Europe 1) ainsi que de leurs pages internet de réécoute. A partir d’un corpus de 700 émissions traitant de sciences entre 1960 et aujourd’hui, nous avons retenu pour cette contribution les 100 émissions proposant une version radionumérique. L’analyse du discours est enrichie et complétée par des entretiens semi-directifs menés auprès d’animateurs-producteurs desdites radios. Nous montrerons d’une part en quoi, spécifiquement depuis la pandémie de Covid-19, ces acteurs médiatiques reconsidèrent l’information scientifique ; et d’autre part en quoi la radionumérisation est investie par ces derniers afin de maîtriser, à défaut de réduire, les incertitudes inhérentes aux sciences.
Antheaume, A. (2016). Le journalisme numérique. Presses de Sciences Po. doi:10.3917/scpo.anthe.2016.01
Beck, U. (2008). La société du risque : sur la voie d’une autre modernité. Paris : Flammarion. (Première édition en langue allemande, 1986)
Equoy Hutin, S. (2022). L’écriture radiophonique en environnements numériques : le cas du magazine. Paris : Classiques Garnier.
Fleerackers, A., Riedlinger, M., Moorhead, L., Ahmed, R. et Alperin, J. P. (2022). Communicating Scientific Uncertainty in an Age of COVID-19: An Investigation into the Use of Preprints by Digital Media Outlets. Health Communication, 37(6), 726 738. doi:10.1080/10410236.2020.1864892
Prigogine, I. et Stengers, I. (1996). La fin des certitudes : temps, chaos et les lois de la nature. Paris : Editions O. Jacob.
Saemmer, A. (2017). Interpréter l’hyperlien en contexte pédagogique : éléments d’une sémiotique sociale : Le français aujourd’hui, N° 196(1), 25 34. doi:10.3917/lfa.196.0025
OpenEdition vous propose de citer ce billet de la manière suivante :
Pénélope Selhausen-Kosinski (22 avril 2024). Conférence de la SSCM 2024 | Durabilité et résilience dans la communication et les médias – Université de Neuchâtel. Skeptoscope. Consulté le 7 septembre 2026 à l’adresse https://doi.org/10.58079/w97n


